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Vos témoignages !

Témoignages récents

Unissez-vous

Assistant / Clinique / Femme / Médecine spécialisée

Il faut que les assistants s'unissent par spé pour comparer leur vécu et discuter de solutions. Chacun semble souffrir/subir de son côté, compter les jours jusqu'au changement de stage, enchaîner les gardes sans supervision... Mais qu'est-ce qu'on fait concrètement contre cette situation. Réunissez-vous et parler d'une voix pour faire bouger les choses. Les besoins de chaque spé étant différents il faut des sous groupes pour aborder les choses concrètement! Ne les laissez pas vous avoir à l'usure et recommencer la même chose avec ceux qui passent après vous juste parce que vous avez fini et n'en pouvez plus.
Perte de sens, Manque d’encadrement – septembre 2019

Prendre sa formation en main

Assistant / Clinique / Femme / Médecine spécialisée

Beaucoup d'assistants râlent sur la qualité de leur formation et subissent des horaires insupportables, finissent leur année dans un établissement, claquent la porte et se disent que ce n'est plus leur problème que le lieu de stage n'est pas formateur. Mais ils vont aller dans un prochain établissement où les assistants avant eux ont claqué la porte de la même manière sans essayer d'améliorer les choses pour les prochains. Parlez aux maîtres de stages sur ce qui était bien et pas bien dans votre année. Ils ne peuvent rien faire si vous ne vous plaignez pas. Et allez y groupés. Il faudrait aussi instaurer une évaluation des lieux de stage pour avoir plus d'impact et les obliger à améliorer la formation dans leur institution. Exigez des débriefings. Ce n'est normal d'avoir une côte de stage, même de 80%, si on ne vous a jamais dit comment arriver à 100%. Clarifiez vos attentes envers le stage et les attentes du maître de stage avant de commencer et réévaluez votre évolution régulièrement. Aussi n'attendez pas que la formation parfait tombe du ciel (sauf mon chef actuel). Il y a pleeeeiiin de workshop, séminaires, congrès, cours sur cadavres organisés par des gens motivés, qui donnent de leur temps pour vous aider compléter votre formation. Trop souvent ces événements ne sont pas complets. Vous devez reprendre votre formation en main. Sinon il faut arrêter de râler...
Perte de sens, Manque d’encadrement – septembre 2019

Des bêtes à concours

Assistant / Clinique / Femme / Médecine spécialisée

J'ai eu pas mal d'étudiants en médecine en stage cette année. Je déplore que après 5-6-7 ans d'études, de multiples blocus, d'examens, de stress et de stages personne ne semble leur avoir appris à se poser les bonnes questions, à remettre en question et à comprendre ce qui se passe. On en demande tellement pendant les études, il faut connaitre chaque spécialité à l'examen comme si on allait devenir ce spécialiste à la fin qu'on fini par ne pas retenir les bases de ces différentes matières qui serviront à chaque spécialiste plus tard. On doit connaitre les malformation cardiaques congénitales mais on ne sait pas lire un ECG. On connait les indication d'endoprothèse fenêtrée mais on connait pas la différence entre une TVS et une TVP. On rempli tellement de dossier d'entrants qu'on oublie de se demander: tiens, les patients ont les mêmes symptômes mais en vont pas avoir la même intervention: POURQUOI. Les étudiants sont tellement stressés par leur examens, la côte de stage , qui jouent dans leur ranking pour une place en spé qu'ils n'osent pas poser des questions en stage. J'oblige mes étudiants à poser des questions et à remettre en question mes décisions pour comprendre par quel chemin je suis arrivée à cette conclusion. Recentrons la formation en médecine sur les connaissances que chaque médecin, quel que soit sa spécialité future, connaisse les bases. Et surtout former un médecin ce n'est pas que évaluer sa capacité à retenir un maximum de détails inutiles, mais plutôt lui apprendre à réfléchir et arriver à des conclusions logiques.
Perte de sens, Manque d’encadrement – septembre 2019

Remettre la formation au centre de notre assistanat

Assistant / Clinique / Femme / Médecine spécialisée

Je suis à deux semaines de finir ma spécialisation en chirurgie. Je regrette que malgré les horaires très lourds je n'ai pas assez appris. Les assistants assurent les gardes pour que l’hôpital tourne, font les paperasses, les tours, assistent, mais quand est ce qu'il apprennent à devenir autonome. Ce n'est que dans ma dernière année que j'ai eu un chef pour qui c'était une priorité que je sois autonome en sortant de ma formation. J'ai eu des consultations, des patients à ma charge, des décisions à prendre et j'ai appris à opérer. Pendant mes autres années j'ai l'impression d'avoir surtout servi, fait les corvées et appris à assister les chefs, sans apprendre à devenir eux. Mais je ne veux pas être eux. J'espère que mes futurs stagiaires sortiront avec plus d'autonomie, de capacité technique et de jugement, et surtout avec plus de confiance en eux qu'en arrivant dans mon stage. Tout chirurgien ou autre médecin "formateur" à l’obligation de former son assistant puisqu'il profite bien de sa main d'oeuvre bon marché.
Perte de sens, Manque d’encadrement – septembre 2019

Le stagiaire n’est qu’un secrétaire

Assistant / Clinique / Femme / Médecine générale

Je rentre en seconde année d'assistanat mais je j'arriverai jamais à oublier les stages... J'avais vraiment l'impression d'être relayée au rang de secrétaire... J'ai été un mois dans un service de cardiologie mais qui ne faisait que des électifs... donc le matin je voyais les gens juste pour leur demander leur liste de médicaments, les antécédents... rédiger le courrier pour les 30 chambres, leur donner la lettre fin se journée et... voilà... Je n'ai pas appris un seul truc utile de tout le mois... Jai pas vu une seule fois un patron... Jai décidé d'aller me plaindre au maître de stage quitte à me faire mal voir, il m'a simplement répondu "Oui on sait qu'on ne vous apprend rien, mais il y a pas assez de mains à l'hôpital et une secrétaire coûte de l'argent contrairement à vous, c'est pour ça qu'on accepte les stagiaires" et beaucoup d'autres stages se sont ressemblés... des papiers, courriers, ... et ca en apprenant rarement un truc utile... souvent aux urgences on faisait toute l'anamnese des entrants, les papiers, et bien souvent l'urgentiste clôturait avec nos infos, nous laissait pas consulter avec lui et nous demandait d'avancer sur le dossier du prochain.. Je suis bien contente d'être assistante aujourd'hui... on nous respecte beaucoup plus même si c'est pas toujours parfait !
Perte de sens, Manque d’encadrement – septembre 2019

Tout n’est pas négatif

Maître de stage / Cabinet / Homme / Médecine générale

Mon sixième assistant termine son stage; chaque assistant(e) s'est intégré progressivement et à son rythme dans la pratique de la MG style médecin de famille chacun avec sa personnalité et un investissement différent entre adultes, lorsque des difficultés apparaissent nous en discutions l'encadrement est variable, certains aiment faire un débriefing régulier et fréquent d’autres non et cela devient vite épuisant pour le MS l’un me faisait un compte rendu détaillé de tout, un autre ,il fallait lui tirer les vers du nez pour chaque cas; un autre se plaint de trop d’administratif et puis enfin un(e) assistant(e) qui lorsque j’abordais les activités de la journée ou de la semaine me parlait quasi en premier lieu de l’horaire; exigeait de commencer à 10 h si elle faisit les consultations 5-7, veillant scrupuleusement à récupérer le plus vite possible les heures prestées ce que je me suis toujours interdit de vérifier la véracité et que je n’ai jamais refusé cet assistant se réoriente d’ailleurs car la MG demande trop d’investissement c’est son choix . Quant aux autres nous sommes restés en bons termes ils reconnaissent volontiers qu’avoir un MS les libérait de nombreuses contraintes la MG est une médecine épatante qui nécessite certes beaucoup de disponibilité mais qui offre un confort de vie bien supéreur à ce les anciens ont connus: secrétariat, garde dès 18 heures, acceptation par les patients que « leur » médecin soit absent
Et le positif? – septembre 2019

L’assistanat est une école de vie

Autre / Clinique / Homme / Médecine spécialisée

Je ne suis pas assistant. Plus depuis longtemps. Non ce n'était pas "mieux avant" mais différents peut-être. Comme tous je me suis plains de la quantité de travail (pas surcharge, j'ai dit "quantité"), mais nous sommes des artisans et plus on fait, mieux on sait. Nuits sans sommeil? oui, parfois. Horaires et Urgences à rallonges, oui certainement. Enfin patron,! ou résident: la délivrance! Mais à la première urgence de nuit (blanche) , personne le lendemain n'en avait cure, patients, équipe (de jour), infirmiers faisaient le pied de grue et piaffait de ce que le patron traînait la patte. PERSONNE n'aurait toléré que je récupère comme l'année d'avant (lois Collat....? la population ne connait pas; elle veut juste son rendez-vous, sa prestation). Depuis ce jour, je loue cette formation, dure, éprouvante pour le physique et le moral, sinon pour soi et pour les siens, mais elle fut toujours juste et humaine, nous fournissant les moyens et les armes pour appréhender sereinement notre carrière professionnelle. Les assistants ne comprennent pas assez le confort (moral) que c'est que d'avoir un senior en back up en permanence jusqu'à ce que tu deviennes ce senior, mais si tu lui disais "je sais, je sais...", tu te rends compte à ce moment, qu'en fait, tu ne sais rien. En conclusion, l'assistanat est formatif et éprouvant, indispensable et bien peu éprouvant en regard de la "vraie vie" qui nous attend à la suite. Mais ça, les assistants qui s'en plaignent ne le savent pas encore.
Et le positif? – septembre 2019

Vos mains

Stagiaire / Hôpital / Femme

Docteur le chirurgien, malgré toute la bienveillance et la patience avec laquelle vous me formez, inutile de poser vos mains sur mes hanches en sortant du bloc opératoire. Je ne suis pas votre objet.
Sexisme

« Alors le stage à ******, beaucoup d’assistés? »

Stagiaire / Clinique / Homme

Il y a quelques semaines, je suis arrivé avec une bonne nouvelle dans la chambre d’un patient: il allait pouvoir sortir! Un peu plus tard, la superviseuse passe dans le bureau médical pour nous annoncer que l’épouse du patient était allée lui demander les larmes aux yeux de le garder quelques jours de plus...le temps qu’elle reçoive sa pension du mois, parce qu’elle n’avait plus d’argent et rien à la maison pour nourrir son mari. ...

Un homme avec une leucémie chronique, une hépatite C et une artériopathie, à qui l’épouse ne peut même pas payer de la nourriture.

À peine quelques jours plus tard, j’entre dans la chambre d’une autre patiente. Une dame âgée, tombée dans sa cave et restée au sol un moment avant d’être retrouvée en hypothermie. Elle est assez vite remise sur pied. Dans un moment libre je vais la voir, en présence de son mari, pour leur donner les conseils ergonomiques que je viens de lire pour prévenir les chutes.
En revenant au bureau médical, le médecin m’explique qu’ils n’ont plus les moyens ni d’installer une lampe dans la cave, ni de payer le chauffage, et qu’une maison forcément si froide explique sans doute l’hypothermie importante (23deg Celsius).

Alors là je me suis senti bien con. Bien con et impuissant. Je veux aller faire le bon stagiaire à expliquer qu’il faut mettre des lampes bien partout dans les couloirs, remplacer le téléphone par un sans-fil ou je ne sais quel conseil de prévention. Ou alors je crois annoncer une bonne nouvelle sans me rendre un instant compte de la misère que vivent ces gens.

On apprend un tas de trucs pour aider les gens, mais qu’est-ce qu’on change fondamentalement pour eux? Quand c’est un couple de retraités (largement) sous le seuil de pauvreté (comme une grande partie d’entre eux)? On est censés faire quoi? Se dire qu’on ne se mêle pas de politique et qu’on prescrit nos petits médicaments tranquillement sans en demander plus?

Ensuite en discutant avec d’autres stagiaires, quelqu’un me demande : « alors le stage à******, beaucoup d’assistés? ».

Euh.

En fait, surtout beaucoup de pauvres. Des gens victimes d’une mondialisation à laquelle ils finissent par se soumettre, de politiques qu’ils détestent sans les combattre, et d’une société qui les méprise.
Alors être en médecine c’est pas être politicien. Mais il va bien finir par falloir se demander ce que ça signifie « vouloir guérir des gens », en « prendre soin » ou être « empathique » si on est incapable de ressentir de l’indignation ou de la colère face aux injustices qui nous crèvent les yeux dès lors qu’on accepte de les voir.

Détresse et précarité

« C’est pas un métier, c’est un abattoir ».

Stagiaire / Hôpital / Homme

« C’est pas un métier, c’est un abattoir ».C’est ce que m’a dit aujourd’hui une patiente, en me parlant de ses cinq frères, tous décédés de cancers respiratoires ou de pneumoconioses après avoir travaillé pendant 40 ans dans les mines et les charbonnages. ...

Des gens qui sont morts pas très loin de la misère. Des gens dont presque plus personne ne se souvient, qu’on traiterait vulgairement de « barraki », et dont les enfants et petits-enfants vivent pour la plupart dans la pauvreté dans la même région (Hainaut, neuvième zone la plus pauvre d’Europe du Nord).

Des gens qui ont rendu possibles un certain développement et une certaine richesse de notre pays, pour le plus souvent des salaires de misère, et surtout la création de fortunes colossales (qui a l’époque, participaient un peu plus qu’aujourd’hui au financement de l’état).

Des gens qui, excusez-moi madame la marquise, méritent bien plus de respect que les parvenus issus d’écoles de commerce hyper élitistes et autres start-uppeurs dont notre société glorifie les performances et le sacrifice tous les jours.

Détresse et précarité

« On ne les met pas au lit, on les jette »

Stagiaire / Hôpital / Homme

« On ne les met pas au lit, on les jette ». « Les » , c’est Leopoldine, 93 ans et plus toutes ses dents, que j’ai vue aujourd’hui en faisant le tour du service ce samedi. On ne se connait pas. Dans son dossier je vois qu’elle habite seule dans un appartement d’un immeuble avec un ascenseur (qui a le bonheur de fonctionner ces derniers temps). Elle a un fils mais il a un commerce dans le fin fond des Ardennes et il ne lui rend visite que les deuxièmes mardis du mois. ...

Leopoldine est atteinte de démence avancée.

Leopoldine n’a pas la force et l’énergie pour descendre de son immeuble, aller au Delhaize faire ses emplettes, porter son sac jusque chez elle… Et ne pas se tromper en rangeant le rôti dans le placard et les bougies au frigo (on lui pardonnera).

Elle n’a pas la force et elle n’a pas les moyens non plus. Elle se rend dans un restaurant social qui accueille en vrac les plus fragiles, jeunes et vieux.

Elle se retrouve à l’hôpital parce qu’un jour où elle était venue au restaurant, les employés ont remarqué une drôle d’odeur… Il faut dire qu’avec la démence, Léopoldine oublie vite qu’après avoir nettoyé son visage, elle doit aussi se laver le reste du corps mais avec son mal de dos ça devient dur.

Je vais la voir. Elle est recroquevillée au fond de son lit. Elle entrouvre les yeux : je l’ai dérangée. « Bonjour madame! ». Elle me regarde sans dire mot. Alors je me mets à son niveau et je demande si elle va bien, si elle respire bien, si elle n’a pas de douleur au niveau du thorax, si elle n’a pas de nausées ou de vomissements, si elle sait où elle est et quel jour nous sommes… Machinalement un peu. Un regard fixe dans mes yeux, sans réponse.

Puis je vois ses mains et je lui dis : « Vous avez de belles mains, madame, j’aurais aimé avoir les mêmes ! ». Là, elle me sourit et j’entends un petit ‘merci, vous êtes gentil’ sortir de ce petit visage parcheminé.

Pour tirer un sourire à Leopoldine, il m’a bien fallu m’asseoir 20 minutes à ses côtés.
Je pense à ce qui attend Léopoldine et certains de ses camarades après.

Dans certaines maisons de repos, par manque de personnel, par manque d’argent surtout, certainement pas par manque de dévouement des travailleurs, on demande de faire le coucher d’un résident en trois minutes et quarante secondes. D’ici la fin du texte, Léopoldine devra être mise au lit.

Tout ceci s’inscrit dans le contexte d’une privatisation à grande vitesse de ce qui est devenu un véritable ‘marché’ et très lucratif (on parle d’or gris). Pour donner une idée : l’un des grands groupes leader, en 2016, a fait plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 15,5 % de marge, un bénéfice de 38 millions d’euros, et il a doublé en cinq ans les dividendes versés à ses actionnaires. Une maison de retraite serait plus rentable qu’un centre commercial (1). Si Leopoldine savait l’or qu’elle a dans ses mains !

En 2019 à Bruxelles, 70% des institutions étaient privées (2), c’était 62% en 2014, c’était 40% en 1999 (3). La majorité, ce sont des grands groupes comme Orpea, Armonea, Senior Assist etc. (souvent étrangers, cotés en bourse et détenus par des fonds d’investissement… on parle bien de Leopoldine et non pas de kilos de mangue hein rappelons-le). Ceci s’est produit en partie par le rachat d’institutions publiques.
Conséquence de la privatisation, à Bruxelles, le prix de l’hébergement augmente. Les institutions commerciales sont en effet, dans l’ensemble, bien plus chères que les autres.
Or la plupart des hommes (et c’est encore pire pour les femmes) touchent une pension inférieure au montant moyen que coûte la vie dans une MRS.
On se retrouve donc avec des personnes qui n’ont pas le choix (vous vous voyez envoyer Leopoldine au Delhaize vous ?) mais qui n’ont pas de quoi joindre les deux bouts… que faire ?

Ah oui c’est vrai. À travers l’aide sociale des CPAS et la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA) (4), il y a un transfert de la collectivité vers le privé qui s’effectue.

Bon ok, admettons, moi je veux juste que Leopoldine soit bien traitée et puisse avoir sa chambre en maison de repos, je suis prêt à payer, même si ça bénéficie à d’autres personnes…
Mais je pense que la logique de rentabilité influence tout de même ce qui est demandé au personnel de certains établissements (privés comme publics d’ailleurs).

« Dans certaines institutions, on demande aux aides-soignantes de réaliser jusqu’à 13 ou 14 toilettes par jour, dont celles de personnes parfois très dépendantes. Difficile dès lors de ne pas bousculer les ainés ! » (3).
Cela ressent aussi par les différents mouvements de grève qui traversent ces travailleurs (5 et 6), et ça ne touche bien évidemment pas que la Belgique, en atteste l’excellent article du Monde Diplomatique de ce mois que je vous exhorte à lire (7). Extrait : « On a perdu douze aides-soignantes en trois ans, s’insurge Mme Joseph-Edmond. La conséquence ? On nous oblige à faire de la maltraitance institutionnelle. Et ça, j’ai du mal à le dire, car je n’ai pas choisi ce métier par hasard. Pour les toilettes des résidents, on ne peut plus faire que du VMC (visage, mains, cul), et on ne peut même plus les doucher une fois par semaine. Les personnes Alzheimer ont besoin de calme et qu’on respecte leur rythme. On nous avait appris des méthodes de soins bienveillants. Maintenant, c’est fini. »

C’est indigne de mal traiter ses vieux, tout le monde est d’accord avec ce fait. Notre société est plus riche que jamais, c’est notre devoir de financer correctement des structures publiques et accessibles.
Moi je serai un futur vieux. Tout le monde le sera. Et j’aimerai bien que, plus tard, quelqu’un prenne le temps de me mettre au lit et puis me dise que j’ai de belles mains.

Sources :
1 : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59613
2 : https://www.rtbf.be/…/detail_de-nombreuses-maisons-de-repos…
3 : http://inegalites.be/La-privatisation-des-maisons-de
4 : https://www.onprvp.fgov.be/…/benefits/igo/pages/default.aspx
5 : https://www.rtbf.be/…/detail_les-employes-des-maisons-des-r…
6 : https://www.rtbf.be/…/detail_maisons-de-repos-preavis-de-gr…
7 : https://www.monde-diplomatique.fr/2019/03/BAQUE/59611

Détresse et précarité

 Un oubli ?

Assistante / Femme

Je suis assistante en 2e année en médecine générale. Après avoir fait un an d’assistanat en médecine interne avec un travail de 50 à 75h par semaine, me voila maintenant en médecine générale, à travailler avec un horaire normal (38h par semaine). Mon année de travail hospitalière a été très dure psychologiquement et physiquement mais ce n’était qu’une année et c’est donc passé assez vite. Ce n’est rien comparé à un assistanat complet en médecine interne....

Être responsable de 15 à 30 patients tous les jours, souvent très malades, parfois mourants et devoir bâcler son travail, devoir apprendre sur le tas et improviser car on n’a pas le temps de se former, c’est la réalité, pour moi, de l’assistanat en hôpital. J’ai eu des tas d’expériences positives et négatives durant cette année, qui a été de manière générale très intense. J’ai appris beaucoup, surtout sur mes limites personnelles. J’ai du gérer une service de gériatrie (30 patients) seule (comme médecin), avec par moments un décès par jour, sans toujours pouvoir expliquer aux familles la cause du décès car j’étais perdue et que mon superviseur n’avait pas le temps de m’aider.

J’ai du annoncer un décès à une famille qui venait en visite car mon superviseur avait oublié de les appeler. J’ai aussi, bien sûr, plein de souvenirs positifs du travail avec les équipes soignantes et leur dévouement individuel pour les patients. Mais pour moi, l’organisation de l’hôpital fait en sorte que plus personne n’a le temps ou l’énergie d’être présent et de faire un travail de qualité comme il le pourrait si le travail était plus humain et réaliste. Je n’en veux pas à mes patrons, ils sont pris dans un spirale d’ambition et de fierté moulée par le système actuel et ils ont peur de voir diminuer un salaire, surement trop élevé, mais auquel ils se sont habitués. L’hôpital est aujourd’hui une entreprise et le médecin est responsable de sa bonne gestion et de sa rentabilité.

Si on n’a pas l’occasion d’en sortir pour voir comment les choses fonctionnent ailleurs, on peut penser qu’il n’y a pas d’autre solution. Je pense que beaucoup de spécialistes n’ont jamais connu et n’imaginent pas le bonheur d’avoir un horaire et une charge de travail normal, qui permettent une prise en charge des patients avec une écoute, une patience et une empathie complète que seul le bien-être du soignant peut permettre.

Épuisement & surcharge de travail

Une organisation douteuse

Assistante / Hôpital / Femme

Le jour où j’ai commencé à réaliser à quel point j’étais exténuée… Première année d’assistanat aux Urgences. 6 mois passés dans un premier hôpital, 4 mois à ce moment dans un autre. Je viens d’enchaîner 7 jours de boulot à raison de 12-13h par jour. Premier (et seul) jour off avant de reprendre pour 6 jours. Je me réveille tranquillement, je traîne dans mon lit quand je reçois un message « dit, tu voulais qu’on se voit cet aprem mais… tu es à l’horaire aujourd’hui… tu savais ? ». Quoi ?!?!?!..

J’ai sauté de mon lit en panique et vérifié ce foutu horaire… en effet… j’étais inscrite dans une case, dans une autre couleur que d’habitude donc je n’avais pas vu…

Les larmes sont venues aussi vite. Pas des petites larmes qui montent gentiment aux yeux. Des sanglots comme je n’en ai jamais eus, incontrôlables. Ca veut dire que je bosse 14 jours d’affiler, sans un jour off, alors que je me sens tellement exténuée… ?!?!?! J’ai appelé mon amie et j’ai éclaté « j’en peux plus, je vais jamais tenir, je suis complètement à bout… J’arrive plus à réfléchir tellement je suis fatiguée, je vais finir par faire une erreur médicale si ça continue comme ça !!!!! »Ça c’était en juillet.

En août, enfin une semaine de vacances.Quand on part en vacances on se dit qu’on va pouvoir reprendre le boulot plus sereinement.Moi j’étais en pleurs dans les bras de ma mère à l’idée de retourner dans cette boîte…

En septembre, dernière semaine avant le changement de lieu de stage. Je suis à l’horaire 7j/7… encore.Avec un déménagement à assumer. Attendue le lundi matin de la semaine suivante à 7 :00 en salle d’op dans le nouvel hôpital.Moral à plat, fatigue extrême… la moindre émotion est multipliée par 10. Je parle d’un cas clinique avec un de mes patrons et ma voix tremble et les larmes montent toutes seules. Il me demande d’un air un peu absent ce qu’il se passe. « rien… je sais pas…. je suis juste claquée et je dois bosser 7j cette semaine, déménager (quand ???), recommencer lundi à 7h… j’avoue que j’ai du mal ». Il me regarde à peine, continue ses recherches sur son ordinateur et me dit « fait au jour le jour ça va aller ». Vive le soutien !

Épuisement & surcharge de travail

Triste nouvelle

Assistante / Hôpital / Femme

Je me souviens d’un jour, en salle d’urgence. J’étais en première année,au mois de décembre je pense. Donc pas beaucoup plus de 2-3mois de pratique. Le SMUR est arrivé avec un patient de 70 ans qui présentait des douleurs thoraciques atypiques. Premier ECG rassurant. On l’installe en réanimation sous scope et je prends le relais.....

Déjà, aucun superviseur pour accompagner alors que, comme je l’ai dit, je ne bossais que depuis 2 mois. Donc autant dire que je n’avais absolument aucune expérience et clairement la trouille.

Les premiers résultats sont rassurants (ECG, troponines,…). L’assistant de cardiologie, que j’avais appelé, vient sur place et me suggère d’aller au CTscan pour exclure une embolie pulmonaire ou une dissection et rajoute « si on pense à ça, il faut un accompagnement médical au CT ». Je lui ai assez vite confié que je n’avais jamais fait ça et que, en cas de problème, je n’étais pas sûre de savoir réagir correctement. Il m’a répondu « c’est pas mon job de t’accompagner, j’ai des milliards de patients à gérer à l’étage, mais j’ai l’impression que personne n’a envie de t’aider dans cette boîte donc je viens avec toi ».

Au CT, le patient se crash, fait un arrêt cardiaque sur la table, on commence la réanimation… en vain. Je me suis sentie tellement impuissante, tellement vide… Le patron des urgences est monté au CT durant la réa mais pas une seule fois ne m’a encadrée, ne m’a soutenue… je l’entendais juste se marrer à coté avec d’autres médecins.

De retour en salle d’urgences, il a fallu trouver la famille pour annoncer la triste nouvelle. De nouveau, le seul qui est resté avec moi, c’est l’assistant de cardio. Qui, je le rappelle, avait pleins d’autres choses à faire et n’était pas du tout censé bosser aux urgences. Je n’avais jamais annoncé une telle chose à une famille. Ce n’est pas quelque chose qu’on prend à la légère. J’aurais aimé que mon patron m’accompagne dans cette épreuve. Il n’y a même pas pensé, et on ne peut pas dire que c’est parce qu’il était débordé…

Je finis par retourner m’occuper de mes autres patients mais j’ai énormément de mal à me concentrer. Pour la première fois en plusieurs heures, mon patron me demande si ça va. Je lui dis clairement que non. Et il me répond « c’est normal, ça va aller… si tu veux parle en à Claire (non fictif) demain, elle fait ça bien » …. C’est tout… Mais c’était immédiatement que j’avais besoin de parler !!!! Je me suis vraiment sentie super seule ce jour-là, il m’a fallu des jours pour m’endormir sans y penser.

Je remercie l’assistant de cardio qui a été le seul à m’encadrer, à m’accompagner, me soutenir et me proposer de débriefer.

Manque d’encadrement