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Témoignages : Épuisement & Surcharge de travail

Un oubli ?

Assistante / Hôpital / Femme

Je suis assistante en 2e année en médecine générale. Après avoir fait un an d’assistanat en médecine interne avec un travail de 50 à 75h par semaine, me voila maintenant en médecine générale, à travailler avec un horaire normal (38h par semaine). Mon année de travail hospitalière a été très dure psychologiquement et physiquement mais ce n’était qu’une année et c’est donc passé assez vite. Ce n’est rien comparé à un assistanat complet en médecine interne.

Être responsable de 15 à 30 patients tous les jours, souvent très malades, parfois mourants et devoir bâcler son travail, devoir apprendre sur le tas et improviser car on n’a pas le temps de se former, c’est la réalité, pour moi, de l’assistanat en hôpital. J’ai eu des tas d’expériences positives et négatives durant cette année, qui a été de manière générale très intense. J’ai appris beaucoup, surtout sur mes limites personnelles. J’ai du gérer une service de gériatrie (30 patients) seule (comme médecin), avec par moments un décès par jour, sans toujours pouvoir expliquer aux familles la cause du décès car j’étais perdue et que mon superviseur n’avait pas le temps de m’aider.

J’ai du annoncer un décès à une famille qui venait en visite car mon superviseur avait oublié de les appeler. J’ai aussi, bien sûr, plein de souvenirs positifs du travail avec les équipes soignantes et leur dévouement individuel pour les patients. Mais pour moi, l’organisation de l’hôpital fait en sorte que plus personne n’a le temps ou l’énergie d’être présent et de faire un travail de qualité comme il le pourrait si le travail était plus humain et réaliste. Je n’en veux pas à mes patrons, ils sont pris dans un spirale d’ambition et de fierté moulée par le système actuel et ils ont peur de voir diminuer un salaire, surement trop élevé, mais auquel ils se sont habitués. L’hôpital est aujourd’hui une entreprise et le médecin est responsable de sa bonne gestion et de sa rentabilité.

Si on n’a pas l’occasion d’en sortir pour voir comment les choses fonctionnent ailleurs, on peut penser qu’il n’y a pas d’autre solution. Je pense que beaucoup de spécialistes n’ont jamais connu et n’imaginent pas le bonheur d’avoir un horaire et une charge de travail normal, qui permettent une prise en charge des patients avec une écoute, une patience et une empathie complète que seul le bien-être du soignant peut permettre.

Épuisement & Surcharge de travail

Une organisation douteuse

Assistante / Hôpital / Femme

Le jour où j’ai commencé à réaliser à quel point j’étais exténuée… Première année d’assistanat aux Urgences. 6 mois passés dans un premier hôpital, 4 mois à ce moment dans un autre. Je viens d’enchaîner 7 jours de boulot à raison de 12-13h par jour. Premier (et seul) jour off avant de reprendre pour 6 jours. Je me réveille tranquillement, je traîne dans mon lit quand je reçois un message « dit, tu voulais qu’on se voit cet aprem mais… tu es à l’horaire aujourd’hui… tu savais ? ». Quoi ?!?!?!..

J’ai sauté de mon lit en panique et vérifié ce foutu horaire… en effet… j’étais inscrite dans une case, dans une autre couleur que d’habitude donc je n’avais pas vu…

Les larmes sont venues aussi vite. Pas des petites larmes qui montent gentiment aux yeux. Des sanglots comme je n’en ai jamais eus, incontrôlables. Ca veut dire que je bosse 14 jours d’affiler, sans un jour off, alors que je me sens tellement exténuée… ?!?!?! J’ai appelé mon amie et j’ai éclaté « j’en peux plus, je vais jamais tenir, je suis complètement à bout… J’arrive plus à réfléchir tellement je suis fatiguée, je vais finir par faire une erreur médicale si ça continue comme ça !!!!! »Ça c’était en juillet.

En août, enfin une semaine de vacances.Quand on part en vacances on se dit qu’on va pouvoir reprendre le boulot plus sereinement.Moi j’étais en pleurs dans les bras de ma mère à l’idée de retourner dans cette boîte…

En septembre, dernière semaine avant le changement de lieu de stage. Je suis à l’horaire 7j/7… encore.Avec un déménagement à assumer. Attendue le lundi matin de la semaine suivante à 7 :00 en salle d’op dans le nouvel hôpital.Moral à plat, fatigue extrême… la moindre émotion est multipliée par 10. Je parle d’un cas clinique avec un de mes patrons et ma voix tremble et les larmes montent toutes seules. Il me demande d’un air un peu absent ce qu’il se passe. « rien… je sais pas…. je suis juste claquée et je dois bosser 7j cette semaine, déménager (quand ???), recommencer lundi à 7h… j’avoue que j’ai du mal ». Il me regarde à peine, continue ses recherches sur son ordinateur et me dit « fait au jour le jour ça va aller ». Vive le soutien !

Épuisement & Surcharge de travail