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Témoignages : Et le Positif ?

Ce que j’aurais aimé qu’on m’ait dit en tant que stagiaire

Médecine générale / Femme / Assistante / Cabinet

1. N’oublie pas que tu es bien plus que « le/la stagiaire ». C’est un rôle où on te fait croire que tu dois tout accepter, être à la merci des autres, prendre des initiatives tout en restant discret•ète, être tout le temps sympathique, serviable,… Tu es avant tout toi-même; ne laisse pas ce statut affecter ton estime de toi.

2.      Bien sûr que tu as les capacités pour être médecin, tu es en train de les développer pardi! Ni les médecins superviseurs, ni les assistants n’ont été formés pour te former ou te donner du bon feed-back. Ne laisse pas leurs commentaires/l’absence de commentaires t’anéantir. Tu as le droit de poser des questions, de ne pas savoir, de ne pas réussir un acte, de faire des erreurs, d’être fatigué•e, de dire non. Et tu as le droit de l’exprimer.
3.      Il est important d’être en phase avec la décision que tu prendras l’année prochaine. Entrer dans le milieu du travail est suffisamment stressant et fatigant comme ça; évite de saupoudrer tout cela de doutes.
4.      Tu as déjà fait tes preuves, regarde où tu es arrivé•e! Choisis ta spécialisation/ton orientation parce que tu en as envie, pas pour te prouver aux autres/à toi-même. La pression sociale n’est pas un mythe et nous y sommes tou•te•s confronté•es. Sois honnête avec toi-même et apprends à t’écouter. Seul•e toi peux savoir ce qui te convient.
5.      Rien ne presse. Prends du recul. Tu as toute la vie pour devenir médecin. Tu as aussi le droit de faire autre chose que la médecine, que ce soit temporairement ou pour toujours. L’assistanat n’est pas la seule façon d’obtenir ta « liberté », ni d’ailleurs de trouver du sens.
6.      Si tu ne sais pas ce que tu aimes faire, ce n’est certainement pas une bonne idée de foncer tête baissée. Prends 6 mois, 1 an; voyage, fais un triple zéro (à mi-temps), travaille dans un magasin, une librairie, une ferme; apprends une nouvelle langue, le piano, la cuisine. Tu ne seras épanoui•e en tant que médecin que si tu sais qui tu es en tant que personne.
7.      Si tu sais ce que tu veux faire mais que tu as l’impression de devoir précipiter ta décision, tu n’es pas obligé•e de la prendre tout de suite. Certes, il y a une deadline pour ton inscription au concours, mais tu peux toujours te retirer au dernier moment ou changer d’avis. Personne ne t’en tiendra rigueur. Tu ne perdras pas ta place. Tu n’es pas anormal•e, c’est l’université qui est rigide et n’aime pas se confronter au changement/aux parcours atypiques. Chacun son parcours de vie et son rythme.
Lorsque tu sauras vraiment pourquoi tu présentes un concours (ou pas), tu ne le feras qu’avec plus de conviction et tu ne réussiras que mieux.
8.      Tu n’es pas seul•e. Tout le monde se pose des questions. Nombreux sont ceux qui ont des difficultés pendant leur année de stage, rares sont ceux qui en parlent ouvertement. Ne reste pas seul•e avec tes questionnements, parles-en.
9.      Ne te laisse pas guider par ton ego, mais par tes aspirations et tes valeurs. Les études de médecine nourrissent fortement l’ego, elles encouragent la performance. Si tu ne te sens pas concerné•e, c’est que tu n’en as tout simplement pas encore pris conscience.
Pose-toi la question: fais-tu ce choix par fierté, parce que tu as reçu des compliments, parce qu’on te dit que tu en serais capable, pour le statut social que tu obtiendrais? Ou le fais-tu parce que ça te plairait réellement ?
10.     Faire un choix de spécialisation/d’orientation par élimination n’est pas réellement faire un choix. C’est du damage control ou de la fuite et cela signifie que tu puises déjà dans tes réserves. En devenant assistant, tu auras des responsabilités, des travaux et de la matière à revoir ; en as-tu envie ? Si tu as le sentiment qu’il n’y a pas d’autre issue que l’assistanat, ce n’est pas une bonne raison de commencer. Il y a d’autres voies tout aussi intéressantes et nobles que la médecine clinique. Prends le temps de les explorer.
11.     La théorie est une chose, la pratique en est une autre. Pense aux futurs horaires, à l’organisation du rythme de travail, au travail solo/en équipe, au type de supervision,… Ton expérience de stagiaire n’est pas la même que celle des assistants, demande leur! Et ton expérience d’assistant ne sera pas la même non plus, connais tes besoins.
12.     Sois attentif•ve aux signes : ce sont des signes d’épuisement ! Considère les!
- Ecoute tes émotions et ton corps, ils sauront toujours mieux que ta raison. La colère, l’amertume, le sentiment d’injustice, la tristesse, la solitude, le dégoût, l’incompréhension; insomnies, angoisses, troubles de l’appétit, troubles digestifs, rhumes à répétition, fatigue, blessures sportives,…
- Est-ce que tu te distancies de tes proches? Ou au contraire, vois-tu beaucoup de monde sans pour autant te détendre? Les disputes avec ton copain/ta copine s’enchaînent-ils? Sors-tu d’une rupture? Culpabilises-tu parce que tu as l’impression de ne pas faire assez/ce qu’il faut? As-tu envie de fuir? Ta mémoire te joue-t-elle des tours? Bois-tu plus d’alcool que d’habitude? Les gens t’irritent-ils?
13.     Etre (futur•e) médecin ne fait pas de nous des SUR-hommes/femmes. Certes, nous avons traversé des épreuves titanesques, mais nous avons tous un seuil de tolérance. L’assistanat n’allégera pas ta mallette, au contraire. A toi de la vider avant de commencer. Et s’il te plaît, si tu ne trouves pas les réponses seul•e, ouvre-toi à quelqu’un de neutre (consulte un•e psy quoi) pour t’aider. Tu le dirais bien aux patients, non? (liens cf ci-dessous)
14.     Prendre une pause/être sous ITT/arrêter complètement/consulter un•e psy n’est en aucun cas un échec! Il faut bien plus de courage pour affronter le vide, l’inconnu et ses propres bêtes noires que de se laisser porter par la vague d’étudiants sortants. Sois courageux•se. D’ailleurs, si tu penses à consulter un•e psy, le manque de temps est une excuse, pas une raison valable! C’est du temps bien investi!
15.     Prends soin de toi et entoure-toi bien. Vois des amis médecins qui comprennent ta situation; mais aussi des non-médecins qui te rappelleront qu’en dehors de ton travail il y a un merveilleux monde plein de belles choses! Si tu ne t’écoutes pas maintenant, un jour tout cela finira par te rattraper, et durement (crois-moi).
16.     Si tu te sens bien dans ton parcours et que tu n’en peux plus d’attendre d’être enfin médecin; félicitations et profite ! 🙂

Signé:
Anonyme, assistante en 2e année de médecine générale.
J’ai toujours bien réussi mes études, je pensais vraiment bien faire et, pourtant, je suis en burn-out. Cela nous arrive à tous, même (et surtout) aux « battant•e•s ».
Comme vous le savez, l’assistanat en médecine est un milieu propice à l’épuisement et nous sommes nombreux à passer par là. Toutefois, vous pouvez éviter cela en étant bien avec vous-mêmes et en sachant ce que vous valez. Vous arriverez ainsi à comprendre vos limites (≠ faiblesses!) et à mieux les (faire) respecter.
Je ne vous envoie pas ce message pour vous submerger d’anxiété, mais justement pour vous inviter à vous préserver!  Et, croyez-moi, vous allez aussi et très certainement vivre des moments précieux. C’est un très beau métier, il suffit d’être bien armé. 🙂

Plein de courage à vous tous!

Voici un lien vers les psychologues qui bénéficient d’un bon remboursement jusqu’à 8 séances par an:
https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1GLAO4r5qc2fqXSSgLqfhD7qvZ5_iO663&ll=50.515293542185645%2C4.441372499999963&z=9

Faites un test pour savoir si vous êtes en burn-out. Si oui: ça ne s’arrangera pas tout seul (même avec 3 mois de vacances), il vous faut de l’aide!
http://reseauburnout.org/index.php/etes_vous_en_burnout/

Manque d’encadrement, Épuisement & surcharge de travail, Horaires impossibles, Perte de sens, Déshumanisation, Positif – mars 2021

« L’assistanat est une école de vie»

Autre / Clinique / Homme / Médecine spécialisée

Je ne suis pas assistant. Plus depuis longtemps. Non ce n'était pas "mieux avant" mais différents peut-être. Comme tous je me suis plains de la quantité de travail (pas surcharge, j'ai dit "quantité"), mais nous sommes des artisans et plus on fait, mieux on sait.

Nuits sans sommeil? oui, parfois. Horaires et Urgences à rallonges, oui certainement. Enfin patron,! ou résident: la délivrance! Mais à la première urgence de nuit (blanche) , personne le lendemain n’en avait cure, patients, équipe (de jour), infirmiers faisaient le pied de grue et piaffait de ce que le patron traînait la patte. PERSONNE n’aurait toléré que je récupère comme l’année d’avant (lois Collat….? la population ne connait pas; elle veut juste son rendez-vous, sa prestation). Depuis ce jour, je loue cette formation, dure, éprouvante pour le physique et le moral, sinon pour soi et pour les siens, mais elle fut toujours juste et humaine, nous fournissant les moyens et les armes pour appréhender sereinement notre carrière professionnelle. Les assistants ne comprennent pas assez le confort (moral) que c’est que d’avoir un senior en back up en permanence jusqu’à ce que tu deviennes ce senior, mais si tu lui disais « je sais, je sais… », tu te rends compte à ce moment, qu’en fait, tu ne sais rien. En conclusion, l’assistanat est formatif et éprouvant, indispensable et bien peu éprouvant en regard de la « vraie vie » qui nous attend à la suite. Mais ça, les assistants qui s’en plaignent ne le savent pas encore.

Et le positif? – septembre 2019

Tout n’est pas négatif

Maître de stage / Cabinet / Homme / Médecine générale

Mon sixième assistant termine son stage; chaque assistant(e) s'est intégré progressivement et à son rythme dans la pratique de la MG style médecin de famille chacun avec sa personnalité et un investissement différent entre adultes, lorsque des difficultés apparaissent nous en discutions l'encadrement est variable,

certains aiment faire un débriefing régulier et fréquent d’autres non et cela devient vite épuisant pour le MS l’un me faisait un compte rendu détaillé de tout, un autre ,il fallait lui tirer les vers du nez pour chaque cas; un autre se plaint de trop d’administratif et puis enfin un(e) assistant(e) qui lorsque j’abordais les activités de la journée ou de la semaine me parlait quasi en premier lieu de l’horaire; exigeait de commencer à 10 h si elle faisit les consultations 5-7, veillant scrupuleusement à récupérer le plus vite possible les heures prestées ce que je me suis toujours interdit de vérifier la véracité et que je n’ai jamais refusé cet assistant se réoriente d’ailleurs car la MG demande trop d’investissement c’est son choix .

Quant aux autres nous sommes restés en bons termes ils reconnaissent volontiers qu’avoir un MS les libérait de nombreuses contraintes la MG est une médecine épatante qui nécessite certes beaucoup de disponibilité mais qui offre un confort de vie bien supéreur à ce les anciens ont connus: secrétariat, garde dès 18 heures, acceptation par les patients que « leur » médecin soit absent

Et le positif? – septembre 2019